Souffleter (verbe)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Donner un soufflet à quelqu'un. "Il mérite d'être souffleté. Souffleter quelqu'un d'importance."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Donner un soufflet à quelqu'un.
HAUTEROCHE: « Ainsi je crois, monsieur, qu'un soufflet qui se donne D'une main attachée à choisir la personne, Offense beaucoup plus que quand le souffletant S'emporte à
SCARR.: « Elle avait au bout de ses manches Une paire de mains si blanches, Que je voudrais en vérité En avoir été souffleté »
BOSSUET: « On le veut lier [Jésus], il présente les mains ; on le veut
SAINT-FOIX: « Depuis la veille du dimanche des Rameaux jusqu'à la seconde fête de Pâques, il était permis dans la ville de Béziers de
Absolument.
V. HUGO: « Et moi, je ne crois pas Qu'il soit digne du peuple en qui Dieu se reflète De joindre au bras qui tue une main qui soufflette »
2 Fig. Faire insulte à. Souffleter le bon sens, la raison.
HISTORIQUE
XVIème siècle
MONT.: « Callicles, en Platon, dit l'extremité de la philosophie estre dommageable... qu'elle rend un homme sauvage et vicieux... propre à estre impunéement souffletté »
RONS.: « Or comme un feu qui aux buissons se prend, Puis soufleté par les vents se respand De tous costez trouvant pasture preste »
ÉTYMOLOGIE
Soufflet. Ronsard l'a pris au sens propre de souffler.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Donner un soufflet, des soufflets à quelqu'un. "Il faudrait
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Donner des soufflets à quelqu'un. "Il faudroit
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Donner des soufflets à quelqu'un. "Il faudroit
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Donner des soufflets à quelqu'un. "Il faudroit
Emplacement dans le dictionnaire :
| soufflage soufflant souffle soufflé souffler souffler au poil soufflerie | soufflet souffleté souffleur soufflure souffrance souffrant | souffre-bonheur souffre-douleur souffreteux souffrir soufrage soufre soufré |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Henry BATAILLE (Maman Colibri)...est venu introduire ici le déshonneur, - eh ! Oui, appelons les choses par leur nom ! - le déshonneur dans la maison intacte, ce gaillard-là resterait impuni ! ... mais je voudrais me retenir de lui souffleter la face que je ne le pourrais pas ! Tout mon sang ne ferait qu'un tour ! Non, non, c'est un compte particulier, en dehors de tout, qui ne ressort que de moi ! Cela ne s'appelle pas une réparation,...
Citation n°2 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)
...supplices. Positivement, il souffrait de la vue de certaines physionomies, considérait presque comme des insultes les mines paternes ou rêches de quelques visages, se sentait des envies de souffleter ce monsieur qui flânait, en fermant les paupières d'un air docte, cet autre qui se balançait, en se souriant devant les glaces ; cet autre enfin qui paraissait agiter un monde de pensées, tout en...
Citation n°3 de Charles BONSTETTEN (L'Homme du Midi et l'homme du Nord ou l'influence du climat)
...son père, pour l'appaiser, finit par le prendre sur ses bras. Ayant obtenu du paysan qu'il se laissât battre par l'enfant, il approcha le petit monstre de la tête du vieillard et lui permit de le souffleter à son aise. L'empire que les enfants prennent sur leurs parents est un empire très-légitime ; c'est celui que leur donne leur supériorité de tact et surtout leur continuelle activité. C'est une...
Citation n°4 de Alphonse KARR (Sous les tilleuls)
...paroles sur votre étroit jugement ; je ne veux pas avoir les charmes d'une association dont je n'ai pas eu les bénéfices. Qu'avez-vous été pour moi ? Qu'avez-vous fait pour moi, si ce n'est de me souffleter quand j'étais enfant et de m'insulter aujourd'hui ? Parce que vous êtes frère de mon père, est-ce à dire que vous avez des droits sur moi et sur ma vie ? Par quelles tendresses, par quels soins les...
Citation n°5 de Charles-Marie LECONTE DE LISLE (Poèmes tragiques)
...écoutait ces cris de haine, ces cantiques Funèbres d'hommes noirs qui venaient, deux à deux, Enfiévrés de leur rêve imbécile et hideux, Maudire et conspuer par delà l'agonie Et de leurs sales mains souffleter son génie, Tandis que de leurs yeux sinistres et jaloux Ils le mangeaient déjà, comme eussent fait des loups. Et la honte d'être homme aussi lui poignait l'âme. Soudainement, le bois sec et léger...
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